lundi 27 avril 2015

Le temps des promesses



Les promesses n’engagent que ceux qui y croient :

Il y a un peu plus d’un an, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective écrivait, dans son analyse de la crise du système électrique européen :

« Si l’UE souhaite continuer sur la voie d’un développement rapide des énergies renouvelables actuelles, alors il sera nécessaire de mettre en place des subventions permanentes pour ces technologies et de développer des marges de capacité plus importantes pour répondre à l’intermittence. L’UE devra accepter le fait qu’elle n’accueillera pas d’industries fortement consommatrices d’énergies et que les consommateurs devront faire face à des factures d’énergie élevées. »
                                                                                                                                                  Pourtant, France Energie Eolienne (FEE) vient d’assurer que les éoliennes permettraient des économies à partir de 2025.
En 2007, la filière professionnelle évoquait déjà, devant le Sénat, la contre partie d’un effort supplémentaire de soutien aux énergies renouvelables qui permettrait des économies au consommateur à partir de 2015, ou même plus tôt encore, selon l’évolution du marché.

(….-« tablant sur une augmentation régulière des prix de 5 %, la contribution à la CSPE s'avère positive jusqu'en 2015. Les consommateurs seront donc obligés de payer plus cher pour le développement de l'éolien. Ensuite, la contribution devient négative. Les producteurs éoliens génèrent alors une rente pour la collectivité » 

Mme Nicole Bricq – « Vous considérez donc que vous atteindrez le point d'équilibre en 2015. »
…. – « Tel sera le cas si l'hypothèse d'une augmentation régulière de 5 % du prix se vérifie. Si les tarifs augmentent plus vite, l'équilibre sera atteint plus tôt. Si le chiffre réel est inférieur, ce moment sera retardé. En réalité, le point d'équilibre varie beaucoup en fonction des prix. » )
Dans son avis défavorable au tarif d’achat éolien de 2008, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) ne l’entendait déjà pas de cette oreille et remarquait, en toute logique, que l’éventualité d’une diminution des charges grâce aux éoliennes n’est que théorique, puisqu’en cas de coût éolien inférieur au marché, leurs producteurs vendraient leur électricité éolienne directement au prix du marché et n’auraient donc aucun intérêt à conserver leur tarif d’achat devenu inférieur.
La question, bien entendu, ne se sera donc pas posée puisque le cout du soutien à ces énergies n’a cessé d’augmenter de façon exponentielle depuis la « prophétie » de 2007. Et ce point d’équilibre annoncé ne fait que s’éloigner, en raison d’un dérapage sans précédent de la CSPE, (+700% depuis 2007), les énergies renouvelables représentant plus de 60% de cette taxe depuis 2013, avec 860 millions d’euros pour le seul tarif d’achat éolien en 2014, soit une aide moyenne 2014 de 100 000 euros pour chacun des 8500 MW éoliens présents sur le territoire. (moyenne de 8500 MW sur 2014)


(CRE évolution CSPE)

Mais les plus gros surcouts de l’éolien ne sont pas là, mais dans les couts collatéraux provoqués par son intermittence. Celle-ci augmente les fluctuations du cours du marché de gros et favorise son effondrement, pour le plus grand bénéfice des traders en électricité (voir 45° seconde de la vidéo explicative) et non du consommateur pour lequel le prix de détail s’envole. Les moyens conventionnels, indispensables à la sécurité d’approvisionnement, devront, pour cette raison, être subventionnés pour éviter leur disparition.
De l’argent public doit être injecté dans le mécanisme de capacité, nouvelle bourse d’échanges concernant également le mécanisme d’effacement dont l’ objet est de permettre des délestages volontaire quand l’alimentation n’est pas suffisante et dans lequel le « retour des affairistes » est déjà dénoncé.
Des milliers de kilomètres de lignes supplémentaires et de développement de Smart Grids seront également nécessaires pour tenter de contenir les risques de ruptures d’approvisionnement liés au développement des énergies intermittentes.
Il aurait pourtant semblé logique que la part de ces surcouts liés à l’intermittence soit assumée par ceux qui les ont provoquée.

De nouveaux traders prennent place entre le producteur et le consommateur, entre le marché de gros et le prix de détail qui monte d’autant plus que celui de gros s’effondre.

Bien sûr qu’une éolienne, sans subvention, peut être rentable quand il y a du vent.
Et c’est même pour ça que le consommateur doit s’attendre à voir le prix de détail s’envoler.

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