vendredi 10 octobre 2014

De quelle manière la République entend elle traiter ses indigènes?





 De quelle manière la République entend elle traiter ses indigènes?


« La question se pose, désormais, de savoir de quelle manière la République entend traiter ses indigènes; de quelle manière elle entend définir puis faire respecter leurs droits (à vivre en harmonie avec leur environnement; à jouir de leur propriété). Pour l'heure, le silence des uns et des autres est assourdissant. Il semble, qu'emportée par une folie comptable énergétique, l'écologie ait pris à présent un visage monstrueux, au quotidien, écrasant comme des fourmis invisibles ces scories rurales; un visage presqu'aussi monstrueux que celui du nucléaire, dont elle se justifie ».


Une lettre ouverte vient d’être envoyée, ce 10 octobre, au Ministre de la Santé suisse par une riveraine d’éoliennes d’autant plus excédée du bruit insupportable de ces machines, que toutes les études indépendantes en établissent la plus parfaite incapacité à représenter la moindre alternative à quoi que ce soit. (Voir lettre ouverte ci-dessous )

Le Nouvel Observateur venait de publier, cette même semaine, un reportage sur le scandale sanitaire des éoliennes imposées aux indigènes mexicains, dont la version vidéo est visible sur le lien :

Hasard du calendrier, cette même semaine, Mediapart publie un excellent article : Quels droits des indigènes comparant la situation de ces mexicains aux « indigènes » des zones rurales françaises qui sont les victimes du développement éolien pour la seule raison qu’ils sont peu nombreux.
L’article explique que ceux qui en tirent des avantages financiers sont prêts à vivre les fenêtres fermées et à en supporter le bruit, tels les allemands, souvent actionnaires des centrales éoliennes. Les autres sont des victimes collatérales, ne supportant plus de vivre dans une maison qu’ils ne peuvent même plus vendre, contraints, bien souvent, à partir dormir n’importe où, mais à plus de 10km de chez eux.

Quantité d’études incontestables établissent la réalité des conséquences sanitaires de la proximité des éoliennes.

La nouvelle étude publiée ce 8 octobre par la Royal Society of Medicin (http://shr.sagepub.com/content/5/10/2054270414554048.full.pdf+html)
Confirme les symptômes attribués aux éoliennes par quantité de riverains dont la vie a basculé avec l’implantation des machines :
Neurological
(a) Tinnitus (acouphènes)
(b) Dizziness (vertiges)
(c) Difficulties with balance (troubles de l’équilibre)
(d) Ear ache (maux d’oreilles)
(e) Nausea (nausées)
(f) Headache (migraines)
Cognitive
(a) Difficulty in concentrating (difficultés de concentration)
(b) Problems with recall or difficulties with recall (problèmes de mémoire)
Cardiovascular
(a) Hypertension
(b) Palpitations
(c) Enlarged heart (cardiomegaly) (cardiomégalie)
Psychological
(a) Mood disorder, i.e. depression and anxiety (désordres psychologiques, dépression anxiété)
(b) Frustration (sentiment de frustration)
(c) Feelings of distress (stress)
(d) Anger (angoisse)
Regulatory disorders
(a) Difficulty in diabetes control
(b) Onset of thyroid disorders or difficulty controlling hypo- or hyper-thyroidism Systemic
(a) Fatigue
(b) Sleepiness (somnolence)

Ces symptômes ayant été constatés dans un rayon de 10km des éoliennes


Monsieur le Ministre de la santé,

Avec l'automne, les nuisances des éoliennes de Saint-Brais reprennent le chemin de l'excès. Cette nuit par exemple leur bruit était surréaliste. Il se peut que des problèmes techniques soient responsables de ce bruit inqualifiable, mais nous savons que le problème est nettement plus conséquent que ce que vos services veulent bien laisser entendre.

Après une très mauvaise nuit, une de plus, je découvre ce matin l'article que je vous adresse dans cet e-mail au sujet du syndrome éolien. Un article publié dans le journal de Royal Society of Medicin le 8 octobre 2014.

La guerre des études, que ne manqueront pas de déclarer  les milieux pro-éoliens,  ne m'intéresse pas, leur interprétation ne sert que des intérêts économiques et politiques divers. Mais ce que je constate dans ma famille et au village m'interpelle au plus haut point et lorsque je lis les conclusions des Drs. Robert McMurtry et Carmen Krogh, je ne peux qu'être choquée de la légèreté avec laquelle le problème est abordé dans le Jura, parce que ce dont ils parlent, nous le vivons et le ressentons. Les autorités de Saint-Brais n'ont plus le recul nécessaire pour analyser la situation, mais vous avez la responsabilité de l'ensemble de la santé jurassienne, je ne pense pas que vous puissiez continuer de vous enfermer dans le silence et l'indifférence. Nous sommes exposés à des dangers potentiels et nous demandons à ce que le principe de précaution soit immédiatement appliqué jusqu'à ce que la lumière soit faite sur les nuisances des éoliennes et que les distances aux habitations soient responsables. Nous n'allons tout-de-même pas laisser installer une situation potentiellement dangereuse alors que nous avons la possibilité de l'empêcher?

La situation énergétique future ne dépend pas du nombre d'éoliennes qui seront posées, ni ici, ni ailleurs. Les enjeux se situent beaucoup plus haut que notre petite région, il suffit d'observer la politique énergétique mondiale pour savoir que notre "sacrifice" est inutile parce que prématuré dans le contexte actuel. Des décisions autrement plus conséquentes devraient être prises pour rendre crédible ce type de projet. C'est pourquoi je vous demande de faire toute la lumière sur la situation autour des éoliennes, ici et ailleurs. En tant que ministre socialiste, je suppose que vous ne pouvez tolérer que la justice demande aux citoyens victimes de ces projets industriels, de devoir débourser fr. 35'000 francs d'avance de frais pour que des études sur le bruit soient entreprises? Ceci d'autant plus que les normes en vigueur protègent les décideurs et les porteurs des projets, un investissement qui aurait donc de grandes chances d'être perdu.  Ce problème devrait impérativement être à la charge de ceux qui ont saccagé notre village sans informer les citoyens de ce à quoi ils les exposaient, à eux d'apporter la preuve de leurs certitudes.

Je vous demande une xème fois de vous préoccuper de notre situation, de répondre à nos peurs de manière crédible. Les lectures  de la littérature existante effectuées par des bureaux aux liens étroits avec les politiciens impliqués dans le développement éolien  ne nous intéresse pas. Nous voulons des preuves scientifiques, de véritables observations médicales autour des parcs existants. Nous voulons de la transparence et du respect comme nous pouvons encore en attendre dans un pays aussi petit que le nôtre.

La dernière étude réalisée par l'Université de Saint-Gall  est inutilisable, son analyse est sans appel et l'enquête faites sur ses protagonistes révèle des conflits d'intérêts indiscutables. Pourquoi se donner autant de peine pour cacher la vérité?

Les questions que nous nous posons sont légitimes et appellent un certain courage politique que nous attendons de votre part. Si vous, ministre de la santé, socialiste, n'empoignez pas ce problème, qui le fera? Demain il sera trop tard.

Je vous remercie de votre attention et j'ose encore espérer une réponse constructive à nos inquiétudes.

Je joins une copie de ce courriel à l'ensemble de la presse régionale, pour information.

Pascale Hoffmeyer
Membre du collectif de citoyens pour la diffusion de l'information sur l'industrie éolienne
Coordinatrice pour la Suisse de World Council for Nature

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