dimanche 17 mars 2024

Politiques climatiques : état des lieux

 

Politiques climatiques : état des lieux

 

Jean Pierre Riou

GES et CO2

Les différents gaz à effet de serre (GES) sont exprimés en équivalent CO2 (CO2e) en fonction de leur pouvoir de réchauffement global (PRG), issu des analyses du GIEC. Ils sont officiellement comptabilisés en France par le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d'Études de la Pollution Atmosphérique) qui tient également l’inventaire des émissions des principaux polluants. https://www.citepa.org/fr/2024_02_a02/

 Sept gaz sont comptabilisés, le CO2 en est l’unité, le méthane a un pouvoir de réchauffement 28 fois supérieur, le dioxyde d’azote 265 fois, l’hexafluorure de souffre 23500 fois. Quand on parle de diminuer les émissions de CO2, on parle en fait de tous ces gaz.

La vapeur d’eau est également un puissant GES, mais n’est pas comptabilisée car, contrairement au CO2, elle retombe en pluie lorsque sa concentration augmente.

Émissions et empreinte carbone

L’empreinte carbone ajoute les importations à l’inventaire précédent. Le CITEPA a publié une analyse de sa relation à l’inventaire des émissions et considère qu’en France l’empreinte est 30% supérieure aux émissions propres. Cette analyse fait apparaître le fait que de 1995 à 2010, le différence s’est accrue, l’empreinte augmentant tandis que les émissions nationales diminuaient.

Zéro émission nette et neutralité carbone

L’Union européenne s’est engagée à la neutralité carbone d’ici 2050, c'est-à-dire à séquestrer autant de CO2 qu’elle n’en émet sur son sol. Les puits de carbone sont comptabilisés dans le secteur UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie). Contrairement à une idée répandue, la combustion de la biomasse n’est pas neutre en carbone, mais ses émissions sont comptabilisées dans ce secteur et non celui de l’énergie. Cette idée fausse provient du fait que les forêts séquestrent du carbone avant de le relâcher lors de sa combustion.

https://www.citepa.org/fr/politique-ges/

La France respecte ses engagements

L’objectif du 1er Budget carbone 2015-2018 n’avait pas été atteint, (voir Affaire du siècle et Tribunal de Paris) avec 456 Mt CO2e/an lieu des 442 Mt CO2e/an prévus, et la France a été sommée par le Tribunal de Paris à mettre en œuvre les moyens permettant de rattraper le trajectoire. Ce qu’elle a fait en revenant sous les émissions prévues en 2019, 2020, 2021 et 2022, avec une estimation 2022 de 408 Mt CO2e pour les 410 prévus. 

https://www.citepa.org/fr/politique-ges/
 

Pendant ce temps, l’Allemagne était condamnée à revoir sa copie le 30 novembre 2023 par le Tribunal supérieur de Berlin Brandebourg pour avoir dépassé les émissions sectorielles du bâtiment et des transports en 2021 et 2022. Mais contrairement à la France, le 5 mars 2024, le Gouvernement fédéral faisait appel de ces jugements.


Nouvelles ambitions européennes

19 avril 2023 l’UE imposait un nouveau règlement « relatif aux réductions annuelles contraignantes des émissions de gaz à effet de serre par les États membres de 2021 à 2030 » durcissant les règles en imposant une diminution globale des émissions de 40% au niveau de l’UE, par rapport au niveau de 2005. En 2030, la France devra ainsi rattraper la trajectoire permettant de réduire ses émissions de 47,5 % d’ici 2030.

En octobre 2023, la France transmettait la mise à jour du « Plan national intégré énergie-climat », avec un objectif de 211 MtCO2e en 2030, pour lequel son plan d’action prévoit « un léger excédent en fin de période» (avec 215 Mt).

La Commission remarque que l’objectif fixé ne serait alors pas entièrement atteint, mais surtout que la France ne donne aucun objectif fixé en termes de part d’énergies renouvelables de la consommation, tandis que l’UE s’était engagée à parvenir collectivement à une part de 42,5% minimum.

Les différents secteurs sont, transport s, bâtiments (résidentiel tertiaire), industrie, agriculture, production d’énergie et déchets. La production d’électricité ne représente que 43% du secteur de l’énergie, soit 16,1 MtCO2 en 2023 selon RTE. On se focalise sur l’éolien et le solaire qui exigent des centrales conventionnelles pour lisser les aléas de leur production alors qu’intrinsèquement, avec 5gCO2/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie démantèlement compris, le nucléaire émet 2 fois moins que l’éolien et 8 fois moins que le solaire. Ces valeurs restant d’ailleurs anecdotiques en regard des 900g du charbon .

Moyens d’action

Le budget consacré à la Stratégie nationale bas carbone vise à développer différents leviers de décarbonation de chaque secteur. Isolation des bâtiments, efficacité énergétique, recours aux énergies décarbonées, développement des infrastructures de la mobilité électrique, encouragement du télétravail et covoiturage, réduction du gaspillage, développement des puits de carbone et limitation de l’artificialisation des sols.

Les couleurs de l’hydrogène

Depuis des décennies, l’hydrogène est utilisé par l’industrie. Il provient généralement du « vaporeformage » du méthane par de la vapeur haute température (900°), et produit du CO2. C’est l’hydrogène gris, ou noir s’il provient du charbon, ou même bleu si le CO2 émis est stocké. Il est beaucoup plus coûteux de le produire par électrolyse, mais alors la réaction de H2O ne donne pas de carbone, c’est l’hydrogène jaune. Seule l’électricité ayant permis cette réaction peut être carbonée. Si c’est de l’électricité d’origine renouvelable, alors c’est de l’hydrogène vert. La France a prévu d’investir 7 milliards d’euros dans l’hydrogène d’ici 2030. Les réacteurs nucléaires pourraient y voir un débouché par cogénération. Des gisements d’hydrogène blanc ou natif, viennent d’être découverts en France. Un premier permis d’exploration vient d’être délivré dans les Pyrénées-Atlantiques. Plusieurs autres sont à l’étude. Mais il serait encore largement prématuré d’y voir une réponse à l’échelle des besoins.

La taxation du carbone …

La taxation du carbone est un levier efficace pour guider la transition vers des énergies décarbonées. Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE) a instauré une taxation du carbone émis par les entreprises les plus polluantes en 2005. Le plafond d’émissions s’abaisse à chaque période, les quotas disponibles sont mis aux enchères. Leur prix est resté autour de 5€ jusqu’en 2017, il est monté à 100 € en 2022 avant de revenir progressivement à 60 € la tonne avec la baisse d’activité liée à la crise ukrainienne.

La France lui a ajouté en 2014 une taxe carbone devenue la 4ème plus forte au monde en 2018 et concernait tous les citoyens par le contenu carbone de chaque achat, avant que l’effet gilets jaunes n’en gèle l’évolution. On peut lui reprocher d’avoir servi à développer des EnR plutôt que respecter l’intégrale redistribution qui est généralement préconisée.

… et ses effets pervers, sans taxe aux frontières

L’effet pervers pour l’économie a été la délocalisation des entreprises vers des régions non assujettis à cette taxe, avant que l’UE ne vienne enfin de mettre en place une taxe carbone à ses frontières dont la mise en œuvre débute dans une première période 1 octobre 2023-31 décembre 2025. Comprenant enfin que « la mise en œuvre de mesures climatiques contraignantes, visant à réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), dans une seule région du monde (ex : le marché carbone dans l'Union Européenne) entraîne une augmentation des émissions de GES dans le reste du monde ».

Cette taxe aux frontières est une bonne nouvelle pour notre économie, comme pour les émissions mondiales.

Carbone et Kaya

Pour comprendre la comparaison entre pays, il faut connaître les paramètres de l’équation de Kaya, car les émissions sont corrélées au PIB, mais aussi à la population, à l’efficacité énergétique, ainsi qu’au contenu carbone de l’énergie primaire utilisée. C’est ainsi que, contrairement à une idée répandue, entre 1977 et 2017, parallèlement au développement de notre parc nucléaire, les émissions de CO2 françaises ont diminué malgré un accroissement de la population et du PIB/habitant, grâce à l’efficacité énergétique et la décarbonation de l’énergie primaire ainsi permise. 


 

Des comportements plus sobres restent souhaitables, mais unecrise économique liée à une récession issue d’une décroissance non maîtrisée ne permettrait pas les lourds investissements nécessaires à une transition vers une économie plus propre ni les mesures sociales indispensables pour l’accompagner.

Renouvelable, un concept qui dévoile ses errances

Il n’apparaît pas que le concept même de renouvelable soit pertinent en termes de décarbonation, ni d’environnement, tandis que le nucléaire vient enfin d’être admis parmi les technologies « souhaitables pour produire 40% des besoins annuels de déploiement en technologies net-zéro d'ici 2030 », par le Parlement européen.

Après que des organismes de santé ont alerté le Parlement européen sur le scandale sanitaire et environnemental de la combustion du bois la Commission elle-même vient de revenir sur le bien fondé de la biomasse ligneuse, pourtant principale EnR, mais dont le recours est désormais jugé moins pertinent dès lors que d’autres valorisations du bois sont possibles.

Des mouvements écologistes s’opposent à toute forme d’artificialisation du cycle de l’eau, et particulièrement aux retenues des barrages hydrauliques, à fortiori les inondations des vallées qu’ils impliquent, dénonçant l’impact environnemental de la 2ème source renouvelable. La pertinence du concept même de « renouvelable » doit être remise en cause au bénéfice du seul objectif pour lequel il est promu.

Renouvelable et pollution

Le chauffage individuel au bois représente la première source d’énergie renouvelable en France,  devant l’hydraulique et l’éolien. La combustion de la biomasse plus de la moitié des EnR en Europe. Le seul chauffage individuel au bois représente la principale source d’émission de particules fines, PM2,5 et PM10, devant l’industrie ou les transports. Il émet également divers polluants tels que noir de carbone, benzène, benzo(a)pyrène, monoxyde de carbone ou oxydes d'azote, responsables d’un grave problème sanitaire.

 

Renouvelable et électricité

La France a achevé la décarbonation  de son mix électrique il y a ¼ de siècle, depuis que son parc nucléaire en produit l’essentiel, celui-ci a émis 45gCO2/kWh en 2023 contre 423gCO2/kWh pour l’Allemagne, malgré le cap des 50% d’EnR dépassés cette année là (55,2%) pour produire l’électricité allemande. Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que la part d’EnR de la consommation finale d’énergie est supérieure à celle de la France, puisqu’elle était strictement la même en 2021, avec 19,3%.

Renouvelable et réseau européen

Pour intégrer une plus large part d’énergies renouvelables sur le réseau électrique européen, 4 prérequis sont considérés indispensables : maintenir la stabilité dynamique du réseau malgré la diminution de l’inertie permise par les énormes turbo-alternateurs des centrales conventionnelles tournant de façon synchrone à 3000 tours/minute, reconfigurer les réseaux de transport et de distribution pour leur permettre de remonter les productions dispersées sur le territoire, mettre en place la flexibilité de la consommation  et l’augmenter les réserves opérationnelles de centrales disponibles en cas de besoin.

Si les 2 derniers points sont encore problématiques, les 2 premiers font état d’un grave constat de carence

L’Allemagne vient de se faire épingler par la Cour des Comptes pour avoir accru le retard du développement de son réseau (6000 km manquants), et le gestionnaire du réseau européen a identifié un risque croissant de blackout sur la totalité de l’Europe continentale, sur une analyse en termes de déficit d’inertie dynamique, des scénarios prévus.

Renouvelable et obligations

Les objectifs en termes de décarbonation sont contraignants au niveau des États. Ils sont définis des règlements du Parlement et du Conseil et en tant que tels sont directement applicables dès leur entrée en vigueur. De nombreux États, dont la France, sont régulièrement condamnés à payer des amendes pour non respect de leurs obligations notamment concernant la qualité de l’air ou de l’eau. 

Les objectifs en termes de renouvelables sont définis par des directives et non des règlements, celles-ci définissent des objectifs communs et doivent être transcrites en droit national pour entrer en vigueur. Les directives concernant les EnR rappellent leur caractère contraignant au niveau des États même si les engagements pris par chacun d’eux sont rappelés en annexe. Pour respecter son engagement de 23% d’EnR en 2020, la France pouvait acheter des Garanties d’origine comme l’ont fait le Luxembourg, Malte ou les Pays-Bas, mais elle s’y est refusée. Tandis que l’Allemagne, qui n’a pas fait mieux que nos 19,1%, n’était engagée qu’à hauteur de 18%. La France se refuse même, pour le moment, à fixer dans sa feuille de route 2030 (PNEC) le moindre objectif de part de renouvelable dans la consommation, malgré les injonctions de Bruxelles.

Souveraineté et injonctions de Bruxelles

Les traités de l’UE (art 194 traité de Lisbonne) garantissent aux États la souveraineté sur le choix de leur mix énergétique. Mais la Commission peut prendre des « mesures affectant sensiblement le choix d’un État membre entre différentes sources d’énergie et la structure générale de son approvisionnement énergétique », en vue de réaliser les objectifs environnementaux  qui visent à protéger la santé des personnes et améliorer la qualité de l’environnement.

Celles-ci doivent respecter les principes de proportionnalité et de subsidiarité, c'est-à-dire être adaptées et nécessaires pour atteindre un but commun, et justifier en permanence que la décision prise au plus haut niveau est plus efficace qu’au niveau des États.

En tout état de cause, des productions intermittentes fragilisent le système électrique sans être en mesure de décarboner davantage le mix électrique français. Or l’électricité est la principale alternative sérieuse aux énergies fossiles

L'Europe dont nous ne voulons plus

L'Europe dont nous ne voulons plus

Jean Pierre Riou

Malgré les pressions de la Commission européenne, la France s’est jusqu’alors refusée à régulariser sa situation relative à ses obligations en matière d’énergies renouvelables. Les performances climatiques de son parc de production, bien supérieures à celles du modèle éolien-solaire intermittent de l’Allemagne avaient participé à la prise de conscience du caractère ambigu du concept « renouvelable », au moment où la Commission elle-même vient d’émettre des réserves sur le bien fondé de sa principale source de production, la biomasse, qui représente en effet 60% du total. Les nouvelles restrictions qui la concernent désormais ne visent pas uniquement sa production à partir de cultures destinées à l’alimentation humaine ou animale, mais stigmatisent également la biomasse forestière pour des raisons climatiques et environnementales, sur fond de scandale sanitaire. C’est dans ce contexte que l’énergie nucléaire, dont la rentabilité s’accommode mal de l’intermittence de l’énergie éolienne, prépare son entrée officielle dans la liste européenne des technologies stratégiquement utiles au climat. Et que se pose la question de la pertinence d’une pénalité de l’ordre du milliard d’euros infligée à la France dont le tort est d’avoir privilégié cette technologie avant l’heure, pour décarboner en un temps record son système électrique.

Renforcement des exigences climatiques

Répondant à divers rapports alarmants sur le climat, le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont publié, le 19 avril 2023, un nouveau règlement « relatif aux réductions annuelles contraignantes des émissions de gaz à effet de serre par les États membres de 2021 à 2030 ». Selon un calendrier prévu dans son article 4, les États membres devront se conformer au durcissement des réductions d’émissions de CO2 figurant dans la colonne 2 de l’annexe 1, destinées à permettre une diminution globale des émissions de 40% au niveau de l’UE, par rapport au niveau de 2005. En 2030, la France devra ainsi avoir réduit ses propres émissions de 47,5 % au lieu des précédents 37% rappelés dans la colonne 1.

Précisons que contrairement aux directives, qui doivent au préalable être transposées en droit national pour devenir applicables, de tels règlements sont directement applicables par les États membres dès leur entrée en vigueur. Tandis que la transposition, plus ou moins rigoureuse, des directives est à l’origine de nombreux différents entre la Commission et les États membres.

 En octobre 2023, la France transmettait la mise à jour du « Plan national intégré énergie-climat », dont la réduction de 215 MtCO2 en 2030 correspond au respect de cette nouvelle trajectoire avec cependant « un léger excédent en fin de période». Une part de 45% de consommation de chaleur et de froid d’origine renouvelable y est prévue pour 2030, ainsi qu’une injection de 15% de gaz renouvelable. Mais pour toute réponse à la rubrique « part de la consommation d’énergie d’origine renouvelable dans la consommation d’énergie finale brute », figure la seule mention « 58% d’énergie décarbonée dans le mix énergétique en 2030 et 71% en 2035 », sans la moindre référence aux énergies renouvelables. Le 9 octobre 2023, le Conseil de l’UE avait pourtant adopté une nouvelle directive visant à porter la part d’énergies renouvelables à 42,5% minimum au niveau de l’UE, chaque État membre devant contribuer à cet objectif commun.

La critique de Bruxelles

Le 18 décembre, la Commission européenne publiait une analyse critique du plan français.

 

Selon ce document, les projections pour 2030 des réductions permises par les mesures additionnelles adoptées par la France ne parviendraient qu’à une réduction de 46,4% et non des 47,5% acceptés par la France. D’autre part, selon la Commission, les ambitions en matière de puits de carbone ne permettraient pas d’atteindre l’objectif de 34 MtCO2 convenus pour la France par le truchement de l’utilisation des terres, changement d’affectation des terres et forets (UTCATF), ainsi qu’il était prévu dans l’Accord sur les puits de carbone.

Mais surtout, la Commission relève 2 lacunes majeures en ce qui concerne la part de la consommation d’énergie d’origine renouvelable dans la consommation d’énergie finale : « La France n’a pas atteint son objectif pour 2020 et ne fournit aucune indication sur la manière dont elle entend respecter son niveau de référence contraignant. La France n'a pas soumis de contribution pour 2030. »

Ce différent entre la France et la Commission européenne appelle un éclairage sur ses enjeux.

La DIRECTIVE 2009/28/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 avait fixé un objectif contraignant pour l’UE, en termes de parts d’énergies renouvelables consommées.  Celui-ci, de 20% au niveau de l’UE était réparti selon les États, et fixé à 23% pour la France et 18% pour l’Allemagne. Contrairement à une idée largement véhiculée, cette part s’est révélée la même en France (19,3%) en 2021 qu’en Allemagne (19,2%). Mais contrairement à la France, l’Allemagne respectait ainsi son engagement.

En 2021, la France aurait consommé 339 TWh renouvelables ministère. Selon la méthodologie préconisée pour son calcul, cette part doit être considérée sur une consommation totale d’énergie de 1778 TWh, tandis qu’il aurait fallu 404 TWh renouvelables pour atteindre l’objectif de 23% fixé. Pour autant, les 65 TWh manquants à la consommation pouvaient parfaitement être achetés aux pays voisins.

En effet, le label « renouvelable » de l’électricité produite et/ou consommée est attesté par des « Garanties d’Origine » (GO) comptabilisées par Powernext. Leur registre a été intégré au sein de EEX, bourse européenne de l’énergie, le 1er janvier 2020. Une garantie d’origine peut être transférée d’un titulaire à un autre, indépendamment de l’énergie qu’elle concerne. La Cour des Comptes a chiffré à 960 M€ le coût de ces « MWh statistiques » sur la base des 15€/MWh du transfert entre le Luxembourg et la Lituanie. Un tel transfert a également eu lieu entre les Pays-Bas et le Danemark au tarif de 12,5€/MWh et entre Malte et l’Estonie à celui de 20€/MWh. La France, par contre, n’a donc toujours pas fourni d’indication sur la façon dont elle entend régulariser son déficit de 2020.

Renouvelable mais pas durable

Le chauffage individuel au bois représente la première source d’énergie renouvelable en France,  devant l’hydraulique et l’éolien. Sa seule consommation annuelle sous forme de  bûches par les ménages a été  estimée par l’ADEME à 37 millions de stères, pour une production de 59 TWh, soit davantage que le record éolien de 2023. L’ensemble de la combustion française de la biomasse solide s’est élevée à 132 TWh en 2021. Cette énergie dite « renouvelable » recèle malheureusement 2 inconvénients majeurs :

En premier lieu le seul chauffage individuel au bois représente la principale source d’émission de particules fines, PM2,5 et PM10, devant l’industrie ou les transports. Il émet également divers polluants tels que noir de carbone, benzène, benzo(a)pyrène, monoxyde de carbone ou oxydes d'azote, responsables d’un grave problème sanitaire. D’autre part, le chauffage au bois, comme toute biomasse n’est pas neutre en carbone, contrairement au raccourci trompeur qui repose sur le fait que le CO2 émis lors de sa combustion est comptabilisé dans le secteur UTCATF et non dans le secteur de consommation d’énergie, et que lors de leur croissance, les arbres constituent un puits de carbone. Pour autant, le bois d’œuvre en capture tout autant, et bien des arbres pourraient avantageusement rester sur pied plus longtemps.


 

Plusieurs organismes de santé ont alerté le Parlement européen sur ce scandale sanitaire avant l’adoption, le 14 septembre 2022, d’une proposition de directive sur le sujet, destinée à modifier la directive de 2018 et abroger celle de 2015.

Les amendements de cette proposition ont exclu la prise en considération de la biomasse ligneuse primaire dans les énergies renouvelables, par l’insertion de l’alinéa suivant : «L’énergie produite à partir des combustibles solides issus de la biomasse n’est pas prise en considération aux fins visées aux points a), b) et c) du premier alinéa si ceux-ci proviennent de la biomasse ligneuse primaire ». C'est-à-dire : « (47 a ter) “biomasse ligneuse primaire”: tout bois rond abattu ou récolté d’une autre manière ».  A l’exception du bois obtenu à partir de mesures durables de prévention des incendies de forêt dans les zones à haut risque, à partir de mesures de sécurité routière, ou bien encore extraite de forêts touchées par des catastrophes naturelles, des organismes nuisibles actifs ou des maladies afin de prévenir leur propagation.

Le texte prévoyait également l’interdiction que cette part de biomasse ligneuse soit à l’avenir supérieure « à la part de la consommation énergétique globale que représente la moyenne de ces combustibles pour la période 2017-2022 » Ainsi que, 2 ans après la présente directive modificative, le réexamen de la mise en œuvre d’une « réduction progressive, d’ici à 2030, de la part des combustibles issus de la biomasse ligneuse primaire […]aux fins de la prise en compte pour les objectifs en matière d’énergies renouvelables ».

A la suite de cette proposition du Parlement,  la Commission européenne n’a pas réussi à surmonter les divisions avec les États membres qui ont clairement fait savoir que cette exclusion du bois rond et des débris ligneux du statut de renouvelable n’était pas acceptable.

C’est ainsi que la nouvelle directive d’octobre 2023 se contente de préconiser une utilisation « en cascade » de la biomasse, c'est-à-dire en veillant à ce que son utilisation offre la plus haute valeur ajoutée, et concède que « Lorsque plus aucune utilisation de la biomasse ligneuse n’est économiquement viable ou appropriée sur le plan environnemental, la valorisation énergétique aide à réduire la production d’énergie à partir de sources non renouvelables ».

La France dans la résistance

Le 15 février 2024, la Commissaire européenne à l’énergie demandait à la France de porter son objectif renouvelable à 44%, au moins, de sa consommation, pour contribuer à l’objectif contraignant de 42,5% au niveau de l’Europe. Les raisons de cet objectif étaient rappelées en préambule de la directive en ces termes : « L’objectif de neutralité climatique de l’Union requiert […] une augmentation de l’efficacité énergétique et une part nettement plus importante d’énergie produite à partir de sources renouvelables ». Pourtant, ce concept même de « renouvelable », qui date du siècle dernier, a rappelé, à cette occasion, que son label ne garantit nullement un caractère durable ni exempt d’émissions. La première source d’énergie renouvelable française, qui provient de la combustion des bûches pour se chauffer devant répondre aujourd’hui de son impact sur la santé, sur la biodiversité, voire sur le climat. Et c’est même toute la biomasse qui est remise en cause par les dernières directives, certaines études [1] montrant que les centrales fonctionnant à la biomasse pollueraient bien plus encore que leurs homologues à pétrole ou charbon.

Par ailleurs, une étude IEA-NEA rapportée par la Sfen montre l’impact considérable de la baisse du facteur de charge d’un réacteur nucléaire, sur son coût de production, ainsi qu’elle l’illustre par sa figure 9. Actuellement, cette baisse de facteur de charge est de plus en plus opérée par ces réacteurs pour leur permettre de s’effacer devant les énergies intermittentes, contrariant ainsi le plan français de relance du nucléaire dont la capacité à décarboner un mix électrique ne fait plus débat.

Ce différent avec la Commission devra être réglé avant le mois de juin où les plans nationaux serviront de base aux engagements de chaque État membre en matière de parts d’énergies renouvelables. La résistance française s’inscrit dans la récente évolution stratégique de l’Union européenne.

Rappel du fonctionnement de l’UE

Sur la base des propositions présentées par la Commission, le Conseil de l’Union européenne adopte la législation de l’Union, sous la forme de règlements et de directives, soit conjointement avec le Parlement européen, soit seul, après consultation du Parlement européen. Il est composé d’un représentant de chaque État membre au niveau ministériel, habilité à engager le gouvernement de l’État membre qu’il représente.

Dans le cadre de la politique de réduction des émissions de CO2, le 21 novembre 2023, le Parlement avait inclus le nucléaire dans les technologies « souhaitables pour produire 40% des besoins annuels de déploiement en technologies net-zéro d'ici 2030 ». Net-zéro signifiant que la technologie n’émet pas de carbone, contrairement à « neutre en carbone » qui implique qu’on a recours à une capture du CO2 pour en compenser les émissions. Le 7 décembre,  le Conseil de l’UE confirmait ce choix [2] et parvenait au nécessaire accord avec le Parlement [3] le 6 février, ainsi qu’à l’élaboration d’un texte commun le 16 février. Ce texte attend désormais d’être formellement accepté. Celui ci inclut le nucléaire dans la liste des technologies de la stratégie « net-zéro », dans son article 3a (i).

Dans le champ d’application de cet accord, il est précisé que « Étant donné que les États membres ont le droit de choisir entre différentes sources d'énergie, ils ne seront pas tenus de considérer comme des projets stratégiques ceux liés à une technologie qui n'est pas acceptée dans leur bouquet énergétique. » Cette précision fait probablement allusion au nucléaire qui, pour être stratégique, et pilotable, n’en devient pas obligatoire pour autant. Mais fait curieusement écho à l’archaïsme d’une obligation de part d’énergies renouvelables.

Le système électrique est aujourd’hui incontournable pour remplacer les énergies fossiles. Les négociations qui s’annoncent scelleront son destin à travers le choix entre l’aventure obligée d’une intermittence croissante dont personne ne maîtrise encore réellement l’issue, ou l’alternative d’une stabilisation dynamique du réseau européen par l’inertie des énormes turboalternateurs des centrales nucléaire tournant de façon synchrone à 50 Hz.

Un quart de siècle consacré à poursuivre l’illusion de la gratuité du vent et du soleil pour produire de l’électricité a révélé les sommes exponentielles nécessaires à leur intégration sur le réseau, ainsi que les difficultés posées par leur absence d’inertie. Il semble urgent de prendre toute la mesure des conséquences d’une fuite en avant dans la même direction.

Car il n’y a pas de plan B.

Le 4 mars, Bruno Le Maire a dénoncé ces incohérences en fustigeant "l'Europe dont nous ne voulons plus"

On ne peut que s'en réjouir

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1 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960148123014519?via%3Dihub

2  https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2023/12/07/net-zero-industry-act-council-adopts-position-to-boost-technologies-for-the-green-transition/

3  https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2024/02/06/net-zero-industry-act-council-and-parliament-strike-a-deal-to-boost-eu-s-green-industry/

 

Crise agricole : la France victime de son zèle écologique

 

Crise agricole : la France victime de son zèle écologique

Comprendre l’« exception française » dans la crise agricole qui traverse l’Europe. Une analyse de Jean-Pierre Riou


Les Gilets verts ont bloqué le pays avec leurs tracteurs en demandant notamment que l’on n’importe pas ce que l’on interdit en France. Leurs revendications ont également porté sur l’accès à l’eau et sur la rigueur des normes environnementales françaises, qui seraient plus exigeantes que celles de leurs concurrents.

C’est la hausse du prix du gazole agricole qui a mis le feu aux poudres, en reproduisant les mêmes effets que la taxe carbone sur tous les carburants, qui avait initié le mouvement des Gilets jaunes cinq ans plus tôt.

Cette colère paysanne qui embrase l’Europe n’est pas une spécificité nationale, elle est révélatrice d’un mal bien français, lequel a exacerbé des tensions déjà existantes, tout en illustrant la difficulté de conjuguer les aspirations écologistes aux réalités économiques.

 

La stratégie du gouvernement pour maîtriser la grogne agricole : maîtriser l’incendie .........

Lire la suite dans Contrepoints

https://www.contrepoints.org/2024/02/25/471272-crise-agricole-la-france-victime-de-son-zele-ecologique

dimanche 4 février 2024

Souveraineté énergétique française : autopsie d’un suicide

 

Souveraineté énergétique française : autopsie d’un suicide

La France, dont la production d’électricité a été décarbonée avant l’heure, a sapé la pérennité du principal atout dont elle disposait.


Entre désamour de son parc nucléaire, illusions renouvelables, pressions allemandes et injonctions de l’Europe, la France, dont le puissant parc de production d’électricité était décarboné avant l’heure, a lentement sapé la pérennité du principal atout qu’il représentait. Après des fermetures inconsidérées de moyens pilotables, l’apparition du phénomène de corrosion sous contrainte qui a affecté les réacteurs d’EDF dès 2021 a cruellement révélé l’absence de renouvellement du parc depuis que l’ASN en avait exprimé la nécessité, en 2007. En entraînant une flambée inédite du marché du MWh, une dépendance historique des importations, la détresse des ménages et le marasme de l’industrie, l’année 2022 a imposé un électrochoc.

Un retour en arrière est nécessaire pour appréhender les tenants et les aboutissants du projet de loi sur la souveraineté énergétique présenté à la presse le 8 janvier 2024.

Souveraineté énergétique et contraintes européennes

La souveraineté d’un État dépend intimement de son accès à l’énergie. À ce titre, les traités de fonctionnement de l’Union européenne garantissent « le droit d’un État membre de déterminer les conditions d’exploitation de ses ressources énergétiques, son choix entre différentes sources d’énergie et la structure générale de son approvisionnement énergétique », ainsi que le rappelle l’article 194 du traité de Lisbonne.

Pour autant, le Parlement européen et le Conseil ont introduit dans son article 192 des « mesures affectant sensiblement le choix d’un État membre entre différentes sources d’énergie et la structure générale de son approvisionnement énergétique », en vue de réaliser les objectifs environnementaux énoncés dans l’article 191, qui visent à protéger la santé des personnes et améliorer la qualité de l’environnement.

C’est dans ce cadre que la politique de l’Union dans le domaine de l’énergie vise, dans ce même article 194, « à promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables »

 

....... Lire la suite dans Contrepoints  

https://www.contrepoints.org/2024/01/23/470661-souverainete-energetique-francaise-autopsie-dun-suicide

samedi 6 janvier 2024

Comment le nucléaire a géré la crise

 

Comment le nucléaire français a géré la crise

 

Avec 34 milliards d’euros pour la seule année 2022

Jean Pierre Riou

Contrairement aux dispositions du code de l'énergie, le tarif ARENH (42€/MWh) auquel EDF a l'obligation de céder à la concurrence (et aux gestionnaires de réseaux) plus de 100TWh de sa production nucléaire, notamment 146,4TWh en 2022 sur les 279TWh nucléaires produits, n'a jamais été révisé depuis 2012, alors qu'il se situe bien en dessous du seuil en-deçà duquel EDF doit être considérée comme étant rémunérée sous son niveau de rémunération normale.

Cette obligation, et la carence de sa révision ont ainsi imposé à EDF un manque à gagner de l'ordre de 34 milliards d'euros pour la seule année 2022, par rapport prix spot base moyen pour l’année 2022 qui était de 275,9 €/MWh en moyenne sur l’année. Cette perte représente plus de la moitié de sa dette qui est de 64,5 milliards d'euros détenue désormais à 100% par l’État auquel EDF s'est ainsi substitué pour une large part du financement du bouclier tarifaire. 

En effet :

L’arrêté du 28 avril 2011 fait obligation à EDF de céder 100TWh de sa production nucléaire (ARENH) à la concurrence.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000023926364/

 Depuis le 7 janvier 2012, la rémunération d’EDF pour cette obligation de fourniture de l’ARENH est libellée comme suit

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000026277038

« Afin d'assurer une juste rémunération à Electricité de France, le prix, réexaminé chaque année, est représentatif des conditions économiques de production d'électricité par les centrales nucléaires mentionnées à l'article L. 336-2 sur la durée du dispositif mentionnée à l'article L. 336-8.

Il tient compte de l'addition :

1° D'une rémunération des capitaux prenant en compte la nature de l'activité ;

2° Des coûts d'exploitation ;

3° Des coûts des investissements de maintenance ou nécessaires à l'extension de la durée de l'autorisation d'exploitation ;

4° Des coûts prévisionnels liés aux charges pesant à long terme sur les exploitants d'installations nucléaires de base mentionnées à l'article L594-1 du code de l'environnement. »

(C’est-à-dire le démantèlement)

Or, dans sa délibération du 10 février 2022 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045340014

La CRE déclare :

« Depuis l'année de livraison 2012, le prix auquel EDF cède les volumes d'électricité nucléaire au titre de l'ARENH s'établit à 42 €/MWh, tel que prévu par l'arrêté des ministres en charge de l'économie et en charge de l'énergie du 17 mai 2011 (3).
La définition d'une méthodologie de calcul du prix rendue possible par l'article L. 337-15 du code de l'énergie n'ayant jamais été précisée, la CRE ne dispose d'aucune référence méthodologique règlementaire sur laquelle fonder son objectivation des facteurs justifiant une évolution du prix de l'ARENH. »

D'autre part, depuis 2014, est venue s’y greffer une obligation d’ARENH pour couvrir les pertes des gestionnaires de réseau.

Cette part s’élevait à 26,4 TWh en 2022, au tarif de 42€/MWh

https://www.cre.fr/Electricite/Marche-de-gros-de-l-electricite/acces-regule-a-l-electricite-nucleaire-historique

S’y est enfin ajoutée en 2022, un volume additionnel d'électricité pouvant être alloué en 2022, à titre exceptionnel, dans le cadre de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH) (…) au prix de 46,2 €/MWh. » https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045339238

 

Soit un total de 146,4TWh, dont 126,4TWh à 42€/MWh ( cédés pour un total de 5,3 Md’€) et 20TWh à 46,2€/MWh (0,9 Md’€)

Selon la CRE : « Le prix spot base moyen pour l’année 2022 a connu une hausse exceptionnelle par rapport à 2021 pour s’établir à 275,9 €/MWh en moyenne sur l’année »

https://www.cre.fr/content/download/27512/file/Rapport_de_surveillance_2022.pdf

L’anticipation de ces cours guidant également celui du marché à terme, on peut extrapoler la possibilité d’un revenu de 40,4 Md’€ pour les 146,4TWh ainsi offerts à la concurrence et aux gestionnaires de réseaux pour 6,2Md’€, soit un manque à gagner total de 34 milliards d’euros pour la seule année 2022 par rapport au prix du marché, soit encore plus de la moitié de sa dette actuelle.

Il est bien évident que le consommateur en aura profité, et l’État également en imposant à EDF ce rôle majeur dans le bouclier tarifaire.

 

Mais on doit s’interroger sur les causes et les conséquences de l’absence totale de revalorisation d’un ARENH qui menace de ruiner le producteur au prétexte de vouloir épargner le consommateur.

 Des coûts en hausse

Le 21 janvier 2014, l’ASN fixait des exigences complémentaires pour la mise en place du "noyau dur" post Fukushima sur les centrales nucléaires d’EDF.

https://www.asn.fr/l-asn-informe/actualites/exigences-complementaires-pour-la-mise-en-place-du-noyau-dur

Le grand carénage en cours doit intégrer ces nouvelles exigences de sûreté, tandis que l’indice UX de l’uranium est à 92USD contre 35USD il y a 10 ans.

https://www.boursorama.com/bourse/indices/cours/_UX/

 

Sans surprise, le 27 juillet 2023, la CRE chiffrait à 57,8€/MWh le coût comptable du MWh, c’est-à-dire « le socle du coût de production en-deçà duquel EDF doit être considérée comme étant rémunérée sous son niveau de rémunération normale, quel que soit le cadre de régulation.»  

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/CRE_Rapport_couts_nucleaire_2023.pdf

 

Mais toujours rien ne semble en vue pour revaloriser l’ARENH en attendant son éventuel remplacement en 2025 par les CfD.

https://www.euractiv.fr/section/energie-climat/news/marche-de-lelectricite-laccord-europeen-menage-une-porte-de-sortie-a-larenh/