mercredi 12 avril 2017

Rapport ANSES éolien Annexe

Rapport ANSES sur le bruit éolien

Annexe
De très basses fréquences parfaitement audibles à 4 km

Jean Pierre Riou

Suite de l'article http://lemontchampot.blogspot.fr/2017/04/rapport-anses-eoliennes.html


Regard sur quelques graphiques du rapport ANSES
https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2013SA0115Ra.pdf
Page 103, la décomposition du bruit éolien 

L'amplification du bruit en intérieur
1° Le bruit provoqué par le passage des pales devant le mât, en l'occurrence à la fréquence de 0,8 par seconde entraînant des infrasons de 0,8 Hz et ses harmoniques (BPF = blade pass frequency)
2° La tonalité spécifique de la boite de vitesse 
Le niveau sonore à l'intérieur de la maison (ligne inférieure indoor) dépasse celui enregistré à l'extérieur à une fréquence donnée correspondant aux caractéristiques de résonance (volume) de la pièce concernée (Room mode)

Le graphique ci dessus, repris par l'ANSES, provient de la figure 4 de l'étude de B.Zajamsek et al 2016 dont la figure 5, ci dessous qui n'est malheureusement pas reprise par l'ANSES, mais met en évidence que les bruits de basse fréquence sont parfaitement audibles à l'intérieur de l'habitation H 2 dès 30 Hz. 


Cette habitation H 2 est indiquée (3° page) se trouver à 4 km de l'éolienne la plus proche!
On ne peut que regretter que l'ANSES n'ait pas retenu cette figure et ait préféré conclure sur les propres mesures, à 500m et 900m en façade, qui concluent "aucun dépassement des seuils d’audibilité dans les domaines des infrasons et basses fréquences n’a été constaté (< 50 Hz)" 
 Et considère que ses mesures d'absence de dépassement du seuil de l'audition "confirment les tendances observées dans la littérature scientifique."

En tout état de cause les dépassements dans l'étude Zajamsek, retenue par l'ANSES, confirment l'imprudence de l'affirmation que la seule réglementation des limites en dBA est une garantie suffisante :"Le respect de ces valeurs limites doit donc permettre de prémunir les riverains de toute nuisance potentielle liée à l’audibilité des composantes basses et très basses fréquences du bruit éolien. (p 13) Alors que les dBA atténuent d'environ 35dB une fréquence de 40 Hz et ne permettent quasiment plus de mesurer le bruit éolien à 4 km, et aucunement ses basses basses fréquences.

Le rapport ANSES contient enfin un intéressant graphique concernant la propagation du son éolien qui "rebondit" d'autant mieux qu'il retombe de plus haut et explique les gènes décrites à des distances considérables.

Indiquant, sur la même page, qu'en ce cas le bruit ne décroit plus que de 3 décibels au lieu de 6dBA lors du doublement de la distance d'éloignement, entre 2 à 4 km, par exemple, puis entre 4 à 8 km, bien entendu.
Expliquant que dans un lieu parfaitement silencieux, protégé du vent ou de tout autre bruit par le relief, le bruit éolien, d'autant plus intrusif qu'il est impulsionnel et riche en basses fréquences puisse apparaître à l'intérieur des habitations à des distances considérables et provoquer une gène supérieure à celle d'habitations plus proches baignant dans un bruit ambiant plus important.
Le seuil de l'audition étant, rappelons le de 0 dBA.

La Directive européenne sur le bruit 2002/49/CE signale des facteurs aggravants:

"-la composante basse fréquence du bruit est importante,
- zones calmes en rase campagne,
- bruit à caractère impulsionnel."
et la nécessité de protections supplémentaires:

"- protection supplémentaire durant le week end ou une période particulière de l'année,
- protection supplémentaire de la période de soirée"

L'irritation est grande, en effet de se savoir exposé à tout moment, pour des jours et des nuits entières à un bruit de fond permanent, parfaitement identifiable, si faible soit il, impulsionnel et riche en basses fréquences, tandis que l'environnement serait parfaitement silencieux sans lui et troublé par le seul chant des oiseaux.

Dans Low frequency noise and annoyance, H.G.Leventhall relève plusieurs assertions du
« Guidelines for community noise » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)



Les basses fréquences, par exemple de la ventilation peuvent perturber le sommeil et le repos, même avec un bruit faible.
Pour les bruits riches en basses fréquences (comme les éoliennes NDA) il est recommandé d'abaisser le seuil autorisé (plus bas que 30 dBA)
Lorsqu'il y a beaucoup de composantes de basses fréquence, la pondération A est inappropriée.
Une meilleure prise en compte des effets sanitaires serait faite avec la pondération C
Il faudrait prendre en considération qu'une grande proportion de composante de basse fréquence dans le bruit accroit considérablement les effets néfastes sur la santé
La preuve sur le bruit de basse fréquence est suffisamment forte pour demander une prise en compte immédiate du problème.
 
("It should be noted that low frequency noise, for example, from ventilation systems can disturb rest and sleep even at low sound levels"
"For noise with a large proportion of low frequency sounds a still lower guideline
(than 30dBA) is recommended"
"When prominent low frequency components are present, noise measures based on A-weighting are inappropriate"
"Since A-weighting underestimates the sound pressure level of noise with low frequency components, a better assessment of health effects would be to use C-weighting"
"It should be noted that a large proportion of low frequency components in a noise may increase considerably the adverse effects on health"
"The evidence on low frequency noise is sufficiently strong to warrant immediate concern")

 Par preuve, l'OMS entend, bien sûr: faisceau de présomptions suffisamment concordantes pour entraîner l'intime conviction. 
Ainsi, d'ailleurs que pour n'importe quel jugement de tribunal!
L'ANSES se sera ainsi appliqué à pointer une absence de preuve et à rechercher des biais méthodologiques sur l'apport concordant d'expérimentations en laboratoire. Ressortant, pour l'occasion, l'efficace méthode du Dr Coué qui permet de mieux résister en prenant sur soi et en étant mieux préparé à l'agression sonore des éoliennes. 


En tout état de cause, les préconisations de l'OMS, pas plus que la Directive européenne 2002/49/CE ni même le code de la santé publique ne s'applique à la protection des riverains d'éoliennes.


 













 

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