dimanche 8 septembre 2013

Paru dans la Revue de Presse H.G.Barsczus du 05/09/2013



 
Un « trou de la CSPE » qui fait plus du tiers de celui de la sécu et des subventions où les centaines de milliards coulent à flots…pour en arriver à être privés de courant !



La puissance du parc éolien français est capable de varier dans un rapport de 1 à 100
(63MW à 6198MW, 15/11/2012, 27/12/2012, éco2mix). C’est une énergie dite « fatale »
par EDF, qui arrive, en effet, souvent quand on ne l’attend pas et qu’on n’en a pas besoin et
peut s‘arrêter aussi brutalement qu‘elle est arrivée, si le vent tombe ou dépasse 90km/h.
Comment intégrer une telle variation de puissance dans la  production à grande échelle qui
est envisagée? Surtout lorsqu’on constate que lors de ce record d’inefficacité du 15
novembre dernier, la puissance éolienne totale de 63MW correspondait à moins de 1% de
la puissance installée
. Il serait tentant de faire correspondre, à chaque MW éolien, 1 MW
thermique à flamme. 
Mais l’intermittence de fonctionnement et les régimes partiels ne se contentent pas
d’augmenter les facteurs de pollution et d’impacter la durée de vie des centrales
thermiques qui leur sont liées, elle affecte, de surcroît, leur rentabilité. (rapport Enea Consulting p 15) 
Le développement des énergies renouvelables intermittentes est une des raisons qui ont
amené GDF à « mettre sous cocon »3 de ses 4 centrales à gaz, inaugurées il y a peu et
représentant un investissement de plus d’un milliard d’euros. 
Selon  « L’Usine Nouvelle », sur les 125000MW de capacité européenne de centrales à gaz,
11000MW perdraient de l‘argent et 25000MW menaceraient de fermer.
Les énergies renouvelables étant incapables d’ajuster leur production à la consommation,
serait il alors possible d’ajuster la consommation à leur production?

Certains avaient dû en rêver, le ministère de l’écologie et du développement durable va le
faire.

Pour la somme de 5 milliards d’euros, avec le remplacement des 35 millions de compteurs
électriques par le compteur dit intelligent «  Linky ».
En effet le site de ce ministère nous assure que « cette nouvelle génération de compteurs
favorisera la transition énergétique, en rendant possible l’intégration à grande échelle des
énergies renouvelables
».
Le coût sera vraisemblablement, d’une façon ou d’une autre, répercuté sur le
consommateur, probablement via le tarif d’utilisation du réseau public (TURPE). Selon le
président de la CRE, Philippe de la Doucette, il ne saurait en être autrement. (Ces 5 milliards
d’euros semblent faire écho aux 5 milliards d’euros de « trou de la CSPE » dû
essentiellement aux  énergies renouvelables et pris en charge par l’état en janvier dernier.) 



Mais ce compteur Linky doit en valoir la peine. Il permettra, en effet, selon ce ministère,
« … la différenciation des tarifs, la maîtrise de l’énergie, une meilleure maîtrise de la pointe,
des interventions à distance et des dépannages plus rapides ».

Déjà, les surcoûts liées aux tarifs d’achat obligatoires et aux nouvelles interconnexions
indispensables aux énergies intermittentes promettent une envolée du prix de l‘électricité,
bien au-delà des 5% du mois dernier et 5% prévus en août prochain.

La différenciation des tarifs promise par Linky ne saurait annoncer qu’un coût  prohibitif de
l’électricité aux heures de pointe, c’est-à-dire aux heures où on en a besoin

Les « interventions à distance », ont été clairement évoquées dans la presse en ces termes:
« Le fournisseur pourrait « couper à distance, pendant 10 minutes le chauffage chez les
particuliers, pour délester de plusieurs centaines ou milliers de mégawatts la consommation
en heure d'hyperpointe », explique-t-on au ministère».
Ces interventions à distance augurent la possibilité d’être privés d’une consommation que
d’autres jugeraient pour nous non prioritaire, en tout cas inopportune.

Pourtant, la France est encore 2° exportateur mondial d‘électricité (Agence Internationale de l’Energie statistiques 2012, p27), avec un parc de production exemplaire en termes de
production de gaz à effet de serre (GES) et un MWh parmi les moins chers. 
De plus, la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium « Georges Besse 2 » mise en service
le 7 juin 2012 remplace désormais l’ancienne « Georges Besse 1 » en consommant 50 fois moins d’électricité, tout en enrichissant l‘uranium nécessaire à une centaine de réacteurs
(dont 58 en France). 
L’ancienne, « Georges Besse 1 » consommait la production de 3 des 4 réacteurs nucléaires
de 900MW installés sur son site.
La puissance ainsi libérée représente un tiers de plus que celle de Fessenheim, et, pour un
taux de charge de 75%, une production de 17.7TWh annuels, soit pratiquement toute la
production nationale éolienne et photovoltaïque réunies
(14.9TWh éolien 4TWh
photovoltaïque, bilan RTE 2012 p.21) et ce, pour une fourniture mobilisable à volonté et
non liée aux caprices météorologiques.
Quoi qu’on puisse penser des réacteurs en question leur démantèlement n’était pas à
l’ordre du jour et leur nouvelle disponibilité apporte donc plus que 15ans d’efforts de
développement éolien et photovoltaïque confondus.
Peu de voix ont pourtant manifesté leur satisfaction devant cette performance technique.

La surcapacité en production de base du parc électrique français, aidée par ces 3 nouveaux
réacteurs désormais disponibles pour la consommation, aurait pu probablement, en toute
discrétion, contribuer à masquer encore un moment, les effets d’une restructuration
énergétique erratique. 

Et cela d’autant plus facilement que la crise économique et les efforts d’isolation des
bâtiments ne laisse pas augurer d’augmentation de la consommation.



Et pourtant, un black out est redouté d’ici 2016 par RTE.

Ce 9 août, Benny Peiser écrivait dans « The Australian » « Les États membres de l'UE ont
dépensé environ 600 milliards d’euros pour des projets d'énergie renouvelable depuis 2005,
selon Bloomberg New Energy Finance. La transition vers l'énergie verte de l'Allemagne à elle
seule pourrait coûter aux consommateurs jusqu'à 1000 milliards d'euros d’ici les années
2030, a récemment averti le gouvernement allemand. 
Ces centaines de milliards sont payés par les familles ordinaires et les petites et moyennes
entreprises dans ce qui est sans doute l'un des plus gros transferts de richesse des pauvres
vers les riches de l'histoire contemporaine de l'Europe
. »

Alors pourquoi un tel empressement? 
C’est que le système semble convenir à tant de monde.
 
A des gouvernants, qui, ainsi, ne s’aliènent pas les voix des écologistes, à des
« écologistes », naturellement, qui sont portés par la vague, savamment entretenue, de la
grande peur de la fin du monde, à des élus qui font miroiter les retombées fiscales, (payées
plus de 4 fois le prix par l’ensemble des citoyens), à tous ceux dont l’emploi est de vanter
les bénéfices de cette transition, à des promoteurs de cette filière, bien sûr, pour une fois
que des promoteurs ont la bénédiction des écologistes, à des investisseurs financier qui ont
pu encaisser les aides de l’état, à ceux qui brassent les centaines de milliards d‘euros de
subventions mondiales pour le « développement propre » des pays « en développement »
(CDC Climat p 37) et  à bien d‘autres encore, capables de détourner à leur profit les
mécanismes extraordinairement complexes de cette transition, tels que ceux du marché du
carbone. 

Alors rendormons nous tranquilles, tant de monde veille sur nous.

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