Un record mondial de la vente à perte
Jean Pierre Riou
Le coût payé par le consommateur/contribuable aux producteurs d'énergies renouvelables pour permettre à la France de parvenir à solde export net d'électricité de 5,4 Md€ en 2025 e a fait l'objet de plusieurs évaluations, notamment dans EDF un modèle qui dérange (1,9 Md€ de plus) ou dans Le véritable coût des énergies renouvelables (7,2 Md€ de plus).
L'objet de cet article est une mise à jour de ce calcul. Lequel reste valable, que l’électricité produite par les EnR soit consommée en France ou exportée.
EDF OA est le contractant unique des contrats d'obligation d'achat (TOA) et de complément de rémunération (CR), avec l'obligation de valoriser la totalité de la production. Dans la mesure où EDF est 100% détenu par l’État, la totalité du résultat de ses transactions pèse, même indirectement, le consommateur contribuable.
Tandis que différents mécanismes de soutien enchérissent les coûts payés pour la production d'EnR, l'explosion de leurs surplus fait écrouler le marché français qui fixe la valeur de leur production. C'est ainsi que la surcapacité de production aléatoire française est à l’origine d’une multiplication des heures à prix négatifs (513 heures en 2025), auxquelles s'ajoutent quasiment autant où le prix positif est de moins de 1 euro/MWh. Cette situation a placé la France, qui était déjà plus gros exportateur mondial d’électricité quasiment chaque année depuis 1990, loin devant ses concurrents avec 89 TWh de solde export net en 2024 et 91,9 TWh en 2025, quand la Suède, en 2ème position, ne dépassait pas 33 TWh. Mais à un prix bien inférieur à celui de leur soutien.
Le solde export net 2025, qui est de 91,9 TWh, a donc rapporté 5,4 Md€, c'est-à-dire au prix moyen de 59 €/MWh. L’article « Le véritable coût des énergies renouvelables » donne les sources du prix moyen de 168,86 €/MWh perçu par les exploitants d’EnR et des 81 TWh valorisés à ce prix en 2025. Les 13,6 Md€ (168,86 x 81) que ces 81 TWh d’EnR ont ainsi coûté au consommateur français doivent être mis en regard des 4,8 Md€ de leur contribution théorique à cet excédent (5,4Md€/91,9 x 81), et dont la différence s’apparente à un surcoût de 8,8 Md€ pour décarboner les mix de nos voisins avec nos EnR.
L’écart est pire encore quand on compare ce prix moyen de 168,86 €/MWh perçu par les exploitants d’EnR aux 49,34 €/MWh de la vente des contrats à terme négociés en France ce 6 février pour une livraison en 2027.
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