Pages

vendredi 7 novembre 2014

Principe de précaution



Principe de précaution: 
Absence de preuve ou preuve d'absence?


"Santé Canada" vient de publier une étude sur les liens entre la proximité d’éoliennes et la santé.

Son interprétation sera publiée courant 2015 après validation par la communauté scientifique.
"Santé Canada" donne accès aux résultats de cette enquête
Le lien entre les effets sanitaires et la présence d’éoliennes n’a pas pu répondre aux exigences du protocole de validation....
Ce qui peut permettre des interprétations avantageuses qui disculperaient les éoliennes.
Les quelques extraits ci-dessous leurs  résistent cependant vigoureusement.

"5. Le désagrément
5.1 Le désagrément de la collectivité comme mesure du bien-être
Depuis plus de 50 ans, des travaux de recherche sociale ou socio-acoustique ont été réalisées sur le désagrément qu'entraîne le bruit pour les collectivités. Les études ont invariablement démontré qu'une augmentation du niveau de bruit dans une collectivité est associée à une augmentation de la proportion de ses membres indiquant qu'ils sont « fortement incommodés » dans les enquêtes sociales. Si l'on compare le désagrément lié au bruit causé par le transport, comme le transport ferroviaire ou le transport routier, en se fondant sur les articles scientifiques publiés sur le sujet, le désagrément pour la collectivité lié au bruit des éoliennes commence à un niveau plus bas et augmente plus rapidement avec l'augmentation du bruit des éoliennes. Le désagrément se définit comme une réaction de longue durée (12 mois et plus) consistant à être très ou fortement incommodé et qui a été déterminée au moyen d'une enquête. La précision de la durée d'un an ou plus vise à distinguer une réaction de longue durée du désagrément passager qu'une personne pourrait ressentir durant une journée quelconque. Le lien entre le bruit provenant des éoliennes et le désagrément pour la collectivité est une mesure plus forte qu'aucun autre élément autodéclaré par un participant, y compris les plaintes et les troubles du sommeil autodéclarés.
5.2  Résultats relatifs au désagrément pour la collectivité
Des liens statistiquement significatifs entre l'exposition et la réponse des participants ont été établis entre les niveaux de bruit des éoliennes et la déclaration d'un degré élevé de désagrément. Ces liens ont pu être établis relativement au désagrément causé par le bruit, les vibrations, le clignotement des lumières, l'effet stroboscopique et les impacts visuels causés par les éoliennes. Dans tous les cas, le désagrément a augmenté parallèlement aux niveaux d'exposition au bruit des éoliennes.

5.3 Désagrément et santé
Un lien statistique a été établi entre le désagrément associé au bruit des éoliennes et plusieurs effets sur la santé autodéclarés par les répondants, y compris l'hypertension, les migraines, les acouphènes, les vertiges, les résultats obtenus au PSQI (1) et le stress perçu.
Un lien statistique a été établi entre le désagrément associé au bruit des éoliennes et les concentrations de cortisol dans les cheveux (1), ainsi que la tension artérielle systolique et diastolique….
Santé Canada ne peut pas établir si ces conditions étaient déjà présentes chez ces participants ou si elles pourraient avoir été exacerbées par l'exposition au bruit des éoliennes, mais les résultats semblent indiquer un lien possible entre un désagrément de longue date et des effets sur la santé."

Mais surtout, les paramètres même de cette étude demandent à être élucidés.

En effet, les situations les plus dérangeantes sont souvent décrites par vent moyen ou faible, alors que le silence ambiant rend l’émergence du bruit éolien d’autant plus intrusive.
Pour que les éoliennes atteignent leurs émissions sonores maximales (104dBA pour une éolienne de 2MW), de nombreuses configurations topographiques entraînent une élévation parallèle du bruit de fond liée à l'élévation de la vitesse du vent.
Si le bruit total (bruit ambiant) est alors bien supérieur, il s’avère que l’émergence du bruit particulier des éoliennes est alors réduite à quelques décibels, rendant ces éoliennes d'autant moins intrusives.
La France réglemente cette émergence, contrairement à d’autres législations qui ne se préoccupent que du bruit total.

Dès lors, en cas d'exposition au bruit éolien, le lien entre l’élévation du bruit ambiant et l’état de santé semble d’autant plus difficile à objectiver que cette élévation du bruit ambiant diminue l’émergence des éoliennes et, dans bien des cas, rend celles-ci plus supportables et moins nocives pour la santé.

 Nul doute que ce paramètre sera pris en compte dans l’interprétation de cette étude, courant 2015.

Rappelons:
Qu'en mai 2013, la revue des médecins de famille canadiens publiait les perspectives suivantes:

"Les médecins de famille canadiens peuvent s’attendre à voir un nombre accru de patients ruraux qui se plaignent d’effets indésirables causés par des éoliennes industrielles (EI). Les personnes qui vivent ou travaillent à proximité des EI ont éprouvé des symptômes, y compris une moins bonne qualité de vie, de l’inconfort, du stress, des troubles du sommeil, des maux de tête, de l’anxiété, de la dépression et une dysfonction cognitive. Certaines ont aussi ressenti de la colère, de la détresse ou un sentiment d’injustice. Parmi les causes suggérées, on peut mentionner une combinaison de bruits provenant des éoliennes, d’infrasons, d’électricité sale, de courant tellurique et d’effet stroboscopique1. Les médecins de famille devraient être conscients que les patients qui signalent des effets indésirables des EI peuvent éprouver des symptômes qui sont intenses et envahissants et pourraient se sentir encore plus victimisés si leurs professionnels de la santé ne les comprennent pas."

Lire la suite de cet article peer reviewed, dans la revue médicale....

Le mécanisme de cause à effet entre le bruit éolien et la dégradation de la santé n'est toujours pas défini, la preuve objective de sa réalité reste encore à établir.
Entre autre pour les raisons méthodologiques qui viennent d'être évoquées.
Cette situation est aussi la raison, afin d'aider les médecins ruraux, de la publication par

la Royal Society of Medicine, ce 8 octobre, d'une mise à jour des critères permettant de poser le diagnostic du "syndrome éolien" pour des symptômes décrits "dans un rayon de 10km d'éoliennes en fonctionnement".

En savoir + sur cette publication....

1) PSQI ou Pittsburgh Sleep Quality Index est un questionnaire fréquemment utilisé pour obtenir une mesure validée des troubles du sommeil autodéclarés. Il fournit une cote se situant entre 0 et 21et une cote globale de plus de 5 indique un sommeil de mauvaise qualité
2) Le cortisol est un biomarqueur du stress bien établi dont la concentration est habituellement mesurée dans le sang ou la salive. Toutefois, les concentrations sanguines ou salivaires font état de fluctuations récentes du cortisol et sont influencées par de nombreuses variables, dont le moment de la journée, les aliments consommés, la position du corps, les moments de stress de courte durée, etc., qui sont très difficiles à contrôler dans le cadre d'une étude épidémiologique.  La mesure de la concentration de cortisol dans des échantillons de cheveux permet d'éliminer en grande partie ces difficultés, car le cortisol s'introduit dans les cheveux à mesure qu'ils poussent. Le taux moyen de pousse des cheveux étant de 1 cm par mois, la mesure du cortisol dans les cheveux permet d'examiner l'exposition à des agents stressants au cours des mois précédents. Cette méthode est donc particulièrement utile pour évaluer les effets possibles d'une exposition de longue durée au bruit des éoliennes sur l'un des principaux biomarqueurs du stress.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire