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dimanche 31 décembre 2017

La face cachée des émissions allemandes



Arsenic, plomb et oxydes d’azote : la face cachée des émissions allemandes

Jean Pierre Riou


Rappel sur le charbon
Le charbon est la cible des politiques climatiques, notamment allemande, qui en ont limité directement les émissions par plusieurs actions :
La modernisation des centrales électriques à charbon qui permet d’en diminuer la consommation ainsi qu’en réduire les facteurs de pollution.
Sa suppression dans l’autoconsommation électrique des secteurs minier  et manufacturier au sein desquels le charbon a pratiquement disparu avec  0,3 GW en 2015 contre 2,9 GW en 2011, ainsi que le précise le site Energy Charts.
Son remplacement partiel  au sein de filières telles que la cimenterie qui en remplace une part croissante par l’utilisation de déchets économisant autant d’équivalent charbon
Mais aussi au sein de la sidérurgie, où le remplacement des hauts fourneaux par les aciéries électriques, et surtout, la déferlante de l’acier chinois se chargent de diminuer la consommation de charbon du secteur.
La délocalisation, effet « pervers » des contraintes anti pollution et de l’élévation du coût de l’énergie, qui a entraîné la suppression d’une part importante des activités sur les territoires nationaux, permettant une baisse des émissions sur place, mais largement compensée  par celles émises ailleurs, une fois délocalisée.
Cette délocalisation explique, pour une large part, la baisse spectaculaire des émission du secteur de l’industrie manufacturière.

Production d’électricité
Le cas de la production d’électricité demande une attention particulière afin de différencier  la part de réduction des émissions liée à chacun des trois leviers suivants :
La modernisation des centrales le remplacement du charbon par d’autres capacités installées, les effets du couplage avec des moyens intermittents tels qu’éolien et photovoltaïque des centrales à charbon dont on cherche à réduire les émissions.

Car l’intermittent ne remplace toujours pas le pilotable :
En l’absence de technologies de stockage à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité, le développement des énergies intermittentes telles que l’éolien et le solaire n’a jusqu’alors permis que de jouer sur les facteurs de charge des centrales conventionnelles, sans pour autant permettre de fermer la moindre d’entre elle.
Cette conclusion a été mise en évidence dans « Ubu chez les allemands » qui précise les effets sur la seule réduction du facteur de charge des centrales à gaz et à charbon, tandis que celles au lignite continuent à fonctionner en base.
Couplé au nucléaire, l’intermittent augmente les risques et les déchets.
Couplé au fossile l’intermittent biaise les données en augmentant les facteurs de pollution.

L’intermittent et facteurs de pollution
En effet, les régimes chaotiques imposés aux centrales thermiques ne s’accompagnent pas de la réduction des émissions qu’un calcul sommaire pourrait évoquer en se contentant de prendre en compte la seule quantité d’électricité produite et non la réalité des émissions lorsque ces centrales fonctionnent par à coups et en régimes partiels.
Or, ces émissions ont des conséquences bien plus immédiates que le réchauffement de la planète

Mortelle pollution
La seule centrale allemande au lignite de Jänschwalde, en effet, rejette chaque année dans l’atmosphère quelques  570 tonnes de particules fines d’un diamètre inférieure à 10 microns (PM 10), 18 000 tonnes d’oxydes d’azote, autant d’oxydes de souffre, 12 000 tonnes de monoxyde de carbone, 80 tonnes de chlore,  et quantité de métaux lourds tels que 130 kg d’arsenic, 900 kg de plomb, 400 kg de mercure et autant de nickel, cuivre ou chrome.
Sans préjudice des gaz spécifiquement considérés « à effet de serre », comme ses 23 millions de tonnes de CO2, soit, pour ce dernier, plus à elle seule que l’ensemble du système électrique français.

L’OMS dénonce le « lien étroit et quantitatif entre l’exposition à des concentrations élevées en particules (PM10 et PM10 et PM2,5 ) et un accroissement des taux de mortalité et de morbidité, au quotidien aussi bien qu’à plus long terme »
Le lien entre la concentration en oxydes de souffre et la mortalité a été mis en évidence.
On sait également que les métaux lourds s’accumulent dans l’organisme et affectent le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques et respiratoires et que l’arsenic, comme le nickel ou le cadmium sont reconnus « cancérogènes certains »
Pour l’OMS, le plomb se diffuse dans l’organisme pour atteindre le cerveau, le foie les reins, les os … Il n’y aurait pas de seuil en dessous duquel lequel l’exposition au plomb serait sans danger.
On sait également que l’absorption simultanée de plomb, cuivre ou zinc accroit la nocivité du mercure, lui-même déjà toxique à très faibles doses.

Pour la petite histoire, EPH, la compagnie tchèque qui a récemment racheté la centrale de Jänschwalde, a formé une action en justice contre les nouvelles règles antipollution destinées à protéger le climat, mais surtout la santé des allemands.

La mort par le charbon
Le rapport Europe’s Dark Cloud, évalue à 22 900 le nombre de décès provoqués en 2013 par le charbon en Europe.
Chiffre considérable à mettre en parallèle avec les 26 000 décès provoqués par les accidents de la route.
Le charbon allemand serait responsable de 1860 décès sur son propre sol et 2490 hors de ses frontières, dont 490 rien qu’en France, chaque année.

Car ce n’est pas, en effet, aux environs immédiats, mais après avoir voyagé en se combinant avec d’autres polluants environnementaux tels que l’ammoniac, que les émissions du charbon sont les plus toxiques, ainsi que l’a montré une étude de l’Institut de Stutgart, comptabilisant les polluants spécifiques de chaque centrale allemande.
L’étude considérait l’augmentation de la mortalité dans un rayon de 700 km.

Et tandis que l’OMS préconise notamment pour les particules inférieures à 10 microns (PM 10), les seuils critiques à ne pas dépasser, de quelques microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3), c’est par centaines de tonnes que chaque centrale au lignite déverse ces particules chaque année.


Zones à évacuer
Quantité de méta-analyses couvrant des centaines de villes ont mis en évidence un lien étroit entre l’augmentation de différents polluants atmosphériques et l’accroissement de la mortalité.
Bertrand Barré en analyse plusieurs dans son étude pour Sauvons le Climat et mentionne une augmentation comprise entre 0,4% et 1,5% de mortalité lors d’une augmentation de 10µg/m3 de PM2. Ou 20µg/m3 de PM10.
D’autres études mettent en évidence le même type de corrélation avec SO2 ou NO2.
Une telle augmentation du risque de décès prématuré est bien supérieure à celle retenue pour entrainer l’évacuation en cas d’accident nucléaire.
A Fukushima, c’est le seuil de 20 mSv qui a été retenu pour évacuer des zones entières, tandis que 6 ans après, aucun indice ne permet toujours de constater la moindre anomalie statistique sur les millions de personnes suivies, ni sur les 300 000 thyroïdes d’enfants.

Un regard sur la seule pollution aux PM 2,5 (et le calcul de correspondance de son indice) met en évidence qu’une telle précaution exigerait l’évacuation immédiate de la quasi-totalité de l’Asie, le risque sanitaire y étant bien plus grand que dans les zones évacuées de Fukushima.
Il faudrait également évacuer une bonne partie de l'Europe, notamment la plupart des grandes villes.
On sait parfaitement que les centrales allemandes augmentent significativement la mortalité dans un rayon considérable.
A partir de combien d’années de vie perdues dans la zone considérée devrait on notamment évacuer  les environs de chacune d’elle ?
(Illustration : estimation des années de vies perdues autour de la centrale à charbon de Datteln en raison de ses émissions : Université de Stutgart)






samedi 30 décembre 2017

Complémentarité nucléaire éolien

Complémentarité nucléaire/éolien

 Jean Pierre Riou

L'Allemagne a connu une production éolienne considérable ce 24 décembre avec plus de 35 GW de puissance sur les 55 GW installés.
(Source Energy Charts)

Comme l'intégralité des 100 GW de moyens pilotables reste intégralement disponible depuis plus de 15 ans, parallèlement au développement de 100 GW supplémentaires intermittents éolien/solaire, une telle production aléatoire ne pouvait que perturber le cours du MWh ce dimanche de Noël où la consommation était réduite.
Et c'est sans surprise que le prix de base de la journée a plongé dans les valeurs négatives.


(Source Epex spot)

Ces prix négatifs faisant d'ailleurs les affaires des traders en électricité et non des consommateurs, comme certains l'ont commenté un peu vite,  les taxes devant être d'autant plus importantes pour compenser la rémunération des producteurs d'énergie renouvelable que le MWh par lui même est moins valorisé.

Beaucoup plus étonnante est la réaction du parc nucléaire allemand qui a immédiatement divisé sa production par 2 pour amortir les excédents éoliens.

(Source Energy Charts)

Cette flexibilité des réacteurs nucléaires est en effet une spécificité de parc électrique français qui n'a pourtant encore jamais réalisé une telle prouesse consistant à diviser par 2 la production de l'ensemble de ses réacteurs en si peu de temps.

Tandis que le parc nucléaire allemand fonctionne quasi uniquement en base avec un facteur de charge proche de 90%, malgré quelques tentatives, dont celle de Brokdorf, en février dernier, qui avait obligé le réacteur à se déconnecter ensuite du réseau plusieurs mois, faisant déclarer au Ministre R. Habeck, que le parc nucléaire allemand n'était pas prévu pour un tel suivi de charge.

Surtension sur le réseau européen
L'équilibre du réseau européen est menacé, plus encore, par le risque de surtension que par celui du manque d'approvisionnement.
Dans un tel cas, la décentralisation de la production éolienne entraîne des problèmes de gestion quasi insolubles en raison de leur déconnexion/reconnexion automatique dès que la tension s'écarte de 50 Hz.

Mais cette baisse de production nucléaire pose question en raison de son ampleur et sa brutalité. Particulièrement en raison des problèmes de sécurité spécifiques au fonctionnement en suivi de charge.
Celui ci, en effet, doit être planifié en fonction notamment du cycle du combustible, et demande une vigilance accrue de l'autorité de contrôle, ainsi que des autorisations propres.

Pourtant, la flexibilité des centrales à gaz implique moins de risques dans une telle situation.
Encore faudrait il qu'elles ne soient pas toutes déjà à l'arrêt ?


Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la sécurité nucléaire allemande se trouve dévoyée vers la sécurité du réseau, c'était déjà le cas lors des records éoliens du 29/10 et du 30/04.

L'indépendance et l'extrême rigueur de l'autorité française de sûreté nucléaire (ASN) est une garantie du respect des normes les plus strictes.
Celle ci n'a pas hésité à interdire le fonctionnement des réacteurs du Tricastin pendant les travaux de consolidation de la digue qu'elle avait jugés nécessaires. Cet arrêt de production étant imposé au cas où un séisme 5 fois supérieur au séisme le plus fort du millénaire se serait produit durant les travaux.
Imposant ainsi à EDF une perte d'un peu plus de 100 millions d'euros pour exclure ce risque, et sans qui quiconque ne puisse s'y opposer.

La sécurité des réacteurs allemands est contrôlée par le Ministère de l'environnement.

Tout commentaire semble superflus ! ...

Espérons que chaque nouveau record éolien allemand, n'impliquera pas le choix entre le risque d'un blackout et celui d'un incident nucléaire ?

samedi 9 décembre 2017

Retour à Fukushima



Retour à Fukushima
Jean Pierre Riou

S’il devait s’appliquer à lui-même, le principe de précaution s’interdirait tout seul tant il est dangereux.
Et il importe de ne pas ignorer les risques, plus grands encore, que peuvent faire courir les marchands de peur aux moutons qu’ils affolent en agitant leurs épouvantails.
La gestion des risques est un métier, celui-ci ne doit pas céder à l’émotion mais s'en tenir à la mesure des faits.

Ce qui rend regrettable qu’une certaine presse puisse privilégier le titre racoleur à l’objectivité du contenu, l'article à sensation aux conclusions scientifiques.
Et semble préférer se faire l’écho des rapports officiels quand ils sont alarmants que lorsqu'ils sont de nature à rassurer.

Les leçons de Fukushima
Le tsunami qui a submergé Fukushima  en mars 2011 en est devenu le symbole, et l’analyse de ses répercussions est riche d’enseignements :

La première leçon en est qu’après les 20 000 morts emportés par les flots, aucun des décès qui ont suivi l’explosion d’hydrogène dans la centrale de Fukushima Daiichi n’est imputable à l’accident ni à ses émissions radioactives.
Tous ont été provoqués par le déplacement des populations et le stress qui s’en est suivi.
Depuis, de nombreuses études ont mis en évidence les pathologies entraînées par le déplacement des populations et considèrent désormais que cette évacuation a été excessive.

Une campagne d'un suivi sanitaire de 30 ans a été aussitôt entreprise et concerne 2 millions d’habitants de la préfecture de Fukushima et spécifiquement 360 000 thyroïdes d’enfants.
Cette campagne est pilotée par l’Université médicale de Fukushima en collaboration avec d’autres centres médicaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport en 2013, le Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR) a publié le sien en 2014. En France, l’IRSN publie régulièrement les résultats de ce suivi.

Toutes leurs conclusions s’accordent à considérer que les doses reçues ont été faibles, même sur les travailleurs de la centrale, qu’à ce jour, aucune modification statistique des pathologies n’a été décelé, et qu’aucun élément ne permet encore de savoir si des effets ultérieurs seront, ou non, susceptibles de se manifester.

De la nécessité de l’information scientifique
En décembre 2015, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait la résolution A/RES/70/81 concernant les effets des rayonnements ionisant qui déclarait :


« Consciente de l’importance croissante des travaux scientifiques du Comité et sachant que des activités supplémentaires imprévues peuvent être nécessaires, comme ce fut le cas après l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, considérant qu’il importe de maintenir la haute qualité et la rigueur scientifique des travaux du Comité (…)

Demande au Programme des Nations Unies pour l’environnement de continuer, dans la limite des ressources existantes, à fournir un appui énergique au Comité afin de lui permettre de poursuivre efficacement ses travaux et d’assurer la diffusion de ses conclusions auprès d’elle-même, de la communauté scientifique et du public »

Le propos du présent article n’est pas de chercher à minimiser le drame japonais, mais de s’interroger sur les raisons qui ont occulté cette volonté de l’ONU de faire connaître, notamment au public, les conclusions rassurantes de ses travaux, tandis qu’en même temps, celles des experts du GIEC  concernant le climat,  sont surmédiatisées.

Des effets pervers de l’information partisane
Au prétexte de dénoncer un risque, l’information partisane a véhiculé 2 effets pervers :
1° Le premier est le fait que s’il est légitime de s’inquiéter des conséquences à long terme de l’exposition japonaise aux émissions radioactives, celles de l’exposition au charbon sont avérées, et notamment supposées provoquer 1850 décès chaque année en Allemagne … et 2490 hors de ses frontières.  
Leur pérennité se trouvant pourtant implicitement  cautionnée par l’effort allemand de réduire son parc nucléaire.

2° Le second est que les marchands de peur, en incitant les populations à fuir, les exposent à des dangers plus grands encore dans leur fuite.
De même qu’en dissuadant les populations déplacées de respecter  les consignes de retour, ils augmentent, le cas échéant,  les conséquences d’un déracinement prolongé, comme celles de l’accroissement du stress lors de leur retour.
Pour Philip Thomas, professeur en « Risk Management » à l’Université de Bristol, l’évacuation des populations à la suite d’une catastrophe nucléaire représenterait même purement et simplement une grave erreur en raison des dégâts pires encore qu’elle entraîne. Sans préjudice des sommes colossales inutilement perdues. 
Car si la vie humaine n'a pas de prix, en matière de gestion des risques elle a malheureusement un coût qui implique une gestion rationnelle des moyens disponibles.

Fukushima aujourd’hui
Une mission française s’est rendue à Fukushima en 2017 et a mesuré les débits de dose journaliers moyens dans les principales villes impactées.
Ces mesures se sont révélées inférieures à celles enregistrées à Cherbourg la même semaine.
Les mesures correspondant aux 15 minutes à 40 m du réacteur accidenté restant même d’ailleurs inférieures  à celles des 11h du vol Tokyo-Paris.



Et ces mesures ne faisaient que confirmer celles du Pr R. Hayano, de l’Université de Tokyo, qui concernaient 8 étudiants et quatre professeurs, à l’occasion d’un voyage depuis la France en 2015.


Toutes ces mesures rappellent également l’importance de l’exposition aux rayonnements liée aux transports aériens, aux portiques de sécurité, ou d’ailleurs à l’imagerie médicale

Elles faisaient suite à 2 semaines d'enregistrement de l’exposition de 206 de ses étudiants, en Europe, au Japon, ainsi qu’à Fukushima même.
Qui ont mis en évidence la plus forte exposition en France, à Bastia, et l’absence de la moindre anomalie à Fukushima.


Ces conclusions, ainsi que le simple fait que l’Université de Fukushima soit remplie de ses étudiants, contrastent avec les images médiatisées de techniciens en combinaisons intégrales qui donnent à l’européen moyen  l’impression que toute trace de vie sociale a disparu de la préfecture de Fukushima depuis 2011.

La part des choses
L’accident de la centrale de Fukushima Daiichi n’en reste pas moins une catastrophe majeure.
Mais la raison exige de le mettre en regard avec chaque paramètre de la problématique.
Et impose de garder présent à l’esprit le fait que la filière nucléaire reste la moins dangereuse par unité d’électricité produite.

D’une énergie à l’autre
Les rupture de barrages hydrauliques ont déjà entrainé la mort de plus de 100 000 personnes à Banqiao, dans la province du Henan, et bien d’autres encore depuis, dont 4 disparus lors de l’effondrement de celui de Fujinuma en mars 2011 à la suite du séisme du Tokohu, origine du Tsunami.
Les nombreux accidents dans les mines de charbon viennent grossir le lourd bilan des 300 000 morts provoqués chaque année en Chine par sa combustion, ou des plus des 20 000 décès rien qu’en Europe.
Et bien que la biomasse soit renouvelable, ses émissions n’en sont pas moins nocives.

Et à tout le reste
Trente ans après les milliers de morts de la catastrophe de Bhopal, les sols restent contaminés sans qu’on entende de slogans demandant la sortie du chimique, ni celui de la sortie de l’aviation à chaque crash aérien, qui menace pourtant même les grandes capitales.
Sans compter les catastrophes naturelles ou autres incendies, semblables à celui qui frappe actuellement la Californie et dont l’évacuation des populations est d’une plus grande ampleur encore que celles de Fukushima, pourtant jugées excessives depuis.



La gestion des risques
Dans une tribune publiée par « Le Monde de l’énergie », Bertrand Barré, ancien Directeur des réacteurs nucléaires au CEA et Directeur de la Recherche et Développement à Cogema posait la question :
" Nucléaire : spécialiste ou militant, deux éthiques incompatibles ?"
 
Et concluait par le constat : 
« Le militant antinucléaire est convaincu qu’il faut arrêter le nucléaire par tous les moyens quelles qu’en soient les conséquences, et que le meilleur moyen est d’empêcher cette gestion pour la prétendre impossible… »

La politique de l'énergie sous tend toutes les autres et les choix qu’elle implique sont lourds de conséquences.
Quand l’opinion publique est appelée à se prononcer, on ne peut que redouter les effets d’une information militante. Il en va de la responsabilité des médias.

Car les conséquences économiques, écologiques ou géostratégiques d’une décision militante sont étrangères à tout principe de précaution.